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Le bruit pollution mentale ?

The 2008-06-19 at 13:17 by rt. In Divers.

  Dans une lettre de Septembre 1957, adressée à un professeur de droit qui avait fondé une "ligue contre le bruit" C.G.Jung, âgé de 82 ans, parle de la véritable pollution mentale que représente , pour lui, le bruit. J'ai été frappée par le côté actuel de ses propos, assez virulents, et dont j'aimerais vous donner ici la substance.

Le bruit trouble la concentration psychique

http://ariaga.hautetfort.com/archive/2008/06/17/le-bruit-pollution-mentale.html

Le bruit trouble la concentration psychique nécessaire au travail intellectuel et, pour faire abstraction de ce bruit, on doit faire un effort supplémentaire. Le pire c'est qu'on s'y habitue, comme à l'alcool ou à une drogue et on peut souffrir de cirrhose ou de dépendance mentale.

  Les enfants sont les premiers touchés. Ils reçoivent trop d'incitation à la dispersion. Ils travaillent dans un bruit subi ou choisi et reçoivent quantité de sollicitations extérieures ce qui les empêche de réfléchir et de se concentrer pour trouver eux-mêmes des solutions aux questions qui leur sont posées.

  Pour Jung, et j'ai tendance à croire qu'il a raison, l'homme s'est mis à aimer le bruit parce que le monde est de plus en plus angoissant et que le bruit "empêche cette angoisse de se faire entendre". Autrefois, les primitifs faisaient du bruit pour chasser les démons. De nos jours, le bruit, comme la foule donne à pas mal de gens un sentiment de sécurité et protège contre les désagréments d'un silence qui pourrait conduire à la réflexion et aussi laisser remonter à la conscience ce qui est enfoui dans l'inconscient. N'importe quel bruit est alors préférable au silence. Comme l'écrit Jung, "Dans ce que l'on appelle de façon significative, "un silence de mort", on se sent mal à l'aise". On craint ce qui pourrait venir de l'intérieur et on le combat de l'extérieur.

  Jung est assez pessimiste sur l'issue de la lutte que mène son correspondant contre la pollution sonore. Voici ce qu'il écrit :

"Avec la lutte si nécessaire contre le bruit, vous vous êtes chargé d'une tâche difficile : certes il serait souhaitable de réduire l'excès de bruit , mais plus vous vous en prenez au bruit, plus vous vous engagez sur le terrain interdit du silence, objet de tant de crainte. Vous ôtez aussi à ceux qui sont sans importance et dont on entend jamais la voix l'unique joie de leur existence, et l'incomparable satisfaction qu'ils éprouvent à crever le silence de la nuit avec la pétarade de leur moteur, ce qui leur permet de troubler par un vacarme d'enfer le sommeil de leur prochain. A ce moment-là, ils sont quelque chose dont il faut tenir compte. Le bruit est pour eux une raison d'être et une confirmation de leur existence. Il y a beaucoup plus de gens qu'on ne le soupçonne qui ne sont pas dérangés par le bruit, car ils n'ont rien en quoi ils pourraient l'être ; au contraire, le bruit leur apporte quelque chose."

  Quand je lis cette lettre de Jung je me dis que la vie est mouvement et que nous devons peut-être nous adapter à l'époque dans laquelle nous vivons. Mais dans le cas du bruit, s'agit-il d'une nécessaire adaptation, librement consentie, ou d'une pollution qui est une agression et que que nous subissons sans réagir ? 

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